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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 07:21

Senlis, début du XXeme Siècle. Séraphine est domestique. Elle passe sa vie entre petits boulots (cuisine, lessive, aide chez un boucher,..) et l’église où elle se rend dévotement. Il faut dire que son éducation religieuse n’y est pas pour rien. Mais sa vraie passion, ce sont les arbres, et les peintures qu’elle en fait. Avec peu de moyen, elle récupère des couleurs partout où elle en trouve, et peint en secret. Jusqu’au jour où un mécène de passage, découvreur du Douanier Rousseau, aperçoit l’une de ses peintures et décide de l’exposer. La peinture de Séraphine prend un tour officiel, et son succès pressenti sera grandissant. La chute n’en sera que plus terrible…

 

Yolande Moreau incarne, avec la légèreté et la grâce qui la caractérisent, une femme pauvre, qui vit de petits boulots mais qui croit en son étoile. Ou plutôt qui croit les voix qui lui ordonnent de peindre. Certains ont découvert la foi derrière un pilier, elle, c’est toute petite qu’elle est tombée dedans. Et cette foi sera le moteur de son œuvre.

 

Femme naïve, qui ne pense pas à sortir de sa condition, elle est bouleversée par l’arrivée de cet allemand raffiné, Wilhelm Uhde, qui boit du thé et reconnaît le passe-temps de Séraphine comme une œuvre artistique (incarné par Ulrich Tukur, très bien comme d’habitude. Pour mémoire, il incarnait le soldat allemand tourmenté dans Amen de Costa-Gavras). Après une période d’espoir, la guerre vient casser le bel avenir qui s’offrait à elle. Le retour de Wilhelm fait renaître ce fol espoir, et Séraphine, emballée, déboussolée, perd toute notion de la réalité pour s’évader dans un monde imaginaire, qui est bien loin d’être réel. Et ce monde rêvé, ce seront finalement quatre murs, qui lui serviront de maison pour la fin de sa vie.

 

Outre l’histoire unique de cette femme de ménage artiste, ce film vaut beaucoup pour sa réflexion sur la folie, qui sous-tend tout le film. Quelle limite peut-on poser entre le génie et la folie ? Car quand elle explique que ce sont des voix qui l’ont poussé à peindre, personne n’y prête attention, son travail étant remarquable. Mais lorsqu’elle commence à s’enfermer, à avoir des illusions  et ne plus parler qu’aux anges, beaucoup prennent conscience, mais trop tard, que son comportement est dangereux, pour elle et les autres.

 

Martin Provost prend le temps d’installer les décors, de monter Séraphine dans l’élément naturel, qui est la base de son œuvre. Pour un deuxième long-métrage, c’est une belle réussite, apaisante, surprenante et questionnante, sur une artiste inconnue pour la majorité du public.

 

A ce propos, une exposition lui est consacrée actuellement au musée Maillol à Paris.

 

D’autres avis (positifs) chez Pascale, Dasola

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commentaires

francdorian 02/09/2009 18:44

L'éloge de l'actrice, Yolande Moreau, n'est plus à faire... Le film est passionnant et nous conforte dans l'idée que l'art est difficile mais qu'il donne à celui (ou celle) qui le mérite la densité d'une vie qui vaut la peine ! Dans le film on voit les tabeaux de Séraphine de Senlis, c'est une pure merveille.

Yohan 06/09/2009 17:28


Yolande Moreau ne fait que confirmer son immense talent. Concernant le film, il est à voir, meme si je lui reprocherai un trop grand classicisme. Mais l'histoire de Séraphine de Senlis est vraiment
passionnante !


anjelica 25/10/2008 21:52

j'espère pouvoir aller le voir rapidement. Je n'ai lu que de bonnes critiques.

Yohan 26/10/2008 15:27


Je te le recommande chaudement !


Emeraude 21/10/2008 22:31

j'ai bien aimé mais j'ai trouvé ça un tantinet longuet. Il faut dire que l'atmosphère lente s'y prête aussi... en tout cas, j'irai bien voir cette expo !

Yohan 23/10/2008 10:53


L'esposition me paraît intéressante également. La longueur ne m'a pas du tout  dérangé, moins que pour le Allen  d'ailleurs ;-)


FB 17/10/2008 15:19

Cette critique confirme mon envie d'aller voir ce film dont j'avais déjà entendu de nombreuses louanges. L'itinéraire de cette femme fait un peu penser à celui de Camille Claudel, autre artiste dont le génie sera le prélude à la folie. Autant de thèmes que je trouve passionnants. Et Yolande Moreau est si atypique, si émouvante. Sa seule présence impose tout un univers... A défaut de partager le même avis sur le dernier Woody Allen, peut-être trouvera-t-on un accord sur le film "Séraphine", qui sait ?

Yohan 18/10/2008 18:16


@ Pascale : tu as toute latitude pour me faire figurer sur ton blog, car c'est quand meme chez toi ;-) Merci de ton compliment, et je pense que nous aurons beaucoup d'autres avis à partager.

@ FB : Je te conseille vivement d'aller voir ce film, à la fois pour l'histoire de Séraphine et l'interprétation de Yolande Moreau. Et j'espère bien que nous serons du meme avis, cette fois-ci
;-) 


Pascale 17/10/2008 10:11

J'ai trouvé ce film magnifique. Il m'a envoûtée.

P.S. : si je te "lie" dans mon coin de cinéphiles avec pour titre "Le cahier", ça te va ??? Car j'aime bien ton blog aussi (et c'est rare...).