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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 07:04

Dans un petit théâtre au cœur de Paris se joue actuellement une courte pièce très poignante d’un grand auteur de théâtre. La salle ? Le théâtre des Déchargeurs, à proximité des Halles. La pièce : l’apprentissage, soit l’histoire d’un homme qui sort du coma et qui commente tout ce qui l’entoure. L’auteur ? Jean-Luc Lagarce, auteur entre autres de Derniers remords avant l’oubli ou Juste la fin du monde, deux pièces que j’ai vues et qui sont formidables.

 

Ici, c’est un texte plus court qui est mis en scène par Sylvain Maurice et joué par un seul acteur (Alain Macé formidable également, d’ailleurs (c’est un peu comme si Lagarce arrivait à transmettre son talent aux interprètes de ses pièces)). Pendant une cinquantaine de minutes, on voit le malade retrouver la lumière, s’habituer aux événements qui se déroulent autour de lui. Evénements très peu nombreux, mais surtout très répétitifs : la visite quotidienne de A., qui s’installe près du lit avec son livre. L’entrée de l’infirmière, qui parle fort comme si notre malade était « imbécile » ou « devenu vieux sans s’en rendre compte ».

 

Alors, quand dans cette monotonie ambiante est programmé un scanner, cela devient une aventure formidable, et donne lieu à une scène criante de vérité. Le malade se trouve coincé dans son fauteuil roulant, et sert de butoir pour ouvrir les portes battantes. Et avec les bocaux en verre qui le suivent partout, ce n’est pas très pratique pour passer inaperçu…  

 

Alain Macé tient le spectacle à bout de bras pendant 50 minutes. Il laisse beaucoup de respiration dans ce texte qui évoque la renaissance. Le décor est minimaliste, deux draps évoquant la blancheur de l’hôpital, la naissance (au sens propre). La mise en scène, assez minimaliste elle aussi, propose lors des intermèdes de la musique chantée (notamment en allemand) que j’ai néanmoins eu du mal à intégrer au reste du spectacle.

 

Malgré ce petit bémol, je vous conseille vivement ce spectacle touchant, parfois tendre, et qui offre un regard intérieur sur la sortie d’une période d’inconscience. Une belle performance d’acteur, pour un texte simple et bien mis en valeur.

 

L’avis d'un critique des trois coups

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