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  • : Le blog de Yohan
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Lundi 27 octobre 2008

J’ai une affection particulière pour l’auteur Annie Ernaux, qui a produit une œuvre singulière,  qui touche à la fois l’intime et l’universel. Cette particularité, déjà présente dans La place ou L’événement, atteint son apogée dans Les Années, autobiographie sans première personne qui retrace le destin à la fois d’une génération, mais plus largement d’un groupe aux références communes.

 

A partir de photographies la représentant à différents âges de la vie, l’auteur convoque tous les souvenirs liés à ces périodes. De la jeune fille à la sortie de la guerre à la professeur divorcée en retraite entourée de ses deux grands garçons, en passant par la femme mariée installée en Savoie, on découvre (ou retrouve) la vie de cette femme, déjà aperçue dans ses précédents romans. Mais plus que sa vie, c’est toute une évolution de la société qui est retranscrite ici, et qui plonge le lecteur dans ses propres souvenirs.

 

Cette autobiographie, en écartant le recours à la première personne, permet à chacun de se mettre à la place de l’auteur. Si l’introduction dans chaque époque se fait par l’intermédiaire des photographies personnelles, le propos devient rapidement plus large et traduit l’évolution des comportements familiaux, sociaux,… Et tout en en montrant l’évolution, le récit met en exergue ce qui n’a pas ou peu  bougé. Ainsi, dans le cas des repas de familles, si les thèmes de discussion évoluent entre ceux auxquels elle a assisté enfant et ceux qu’elles organisent en tant que grand-mère, le rite du repas parait assez immuable et au final très traditionnel.

 

Je ne pense qu’Annie Ernaux ait une ambition de sociologue en écrivant ce récit, mais il est un point de vue sur les soixante dernières années par une femme qui les a traversées. Surtout, elle place chacune des photographies dans un contexte social et politique plus large qui fait que d’une simple description, on passe à la captation d’une atmosphère, d’un univers que pour ma part je n’ai pas connu (hormis les derniers chapitres qui concernent l’histoire récente).

 

C’est une plongée dans une mémoire collective, dans monde en mouvement qui est en droite ligne avec l’œuvre précédente d’Annie Ernaux que j’ai pu lire. Elle avoue qu’elle avait l’idée de ce livre depuis plus de 20 ans, avec des tas de notes, des anecdotes, qui mises bout à bout, forment dans ce récit un ensemble cohérent et émouvant. J’ai l’impression qu’elle a écrit le récit qui clôt une partie de sa production littéraire. Je ne sais pas quels sont ses futur projets, mais j’espère qu’ils seront aussi riches que les précédents !

 

Vraiment un livre à lire, que ce soit par les jeunes ou les plus âgés, car la lecture de ces  années est un vrai plaisir à savourer !

 

Les avis de Thom, Christian, LaurentFranck B. (mais ça fait beaucoup de garçons, pour une fois !), Cathe, Dasola

Autres livres d'Annie Ernaux : La place, Journal du dehors

Par Yohan - Publié dans : Livres
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