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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 07:35

Depuis Toy Story et les débuts des studios Pixar, j’ai suivi quasiment toute leur production hormis les tous derniers opus (Cars, apologie de la voiture en contradiction avec le thème de ce film-ci, et Ratatouille). Je m’y suis remis avec la dernière production, Wall-E.

 

Wall-E est un robot spécialisé dans le compactage des ordures ménagères. Le problème, c’est qu’il est seul sur Terre (enfin, seul avec une blatte !). Tous les humains ont quitté la Terre, car l’amoncellement des déchets rendait la planète invivable. Il est seul jusqu'à ce qu’une sonde-robot femelle, nommée Eve, débarque pour essayer de trouver des traces de vie et permettre le retour des humains…

 

Si on accepte de regarder le film en oubliant qu’il est produit par Disney et qu’on se concentre sur l’histoire, le scénario et la technique, ce film est une formidable réussite. En particulier la première partie, où on suit la vie de Wall-E sur Terre, qui collectionne les objets abandonnés par les humains : ballons, briquets, canards pour le bain ou encore poisson qui chante « Don’t worry, be happy ». Cette première partie est truffée de scènes burlesques, la mise en scène des errements du robot sur cette la planète dévastée est formidable. Les paroles sont quasiment absentes mais cela ne nuit en rien, au contraire, à la beauté et au charme de cette première partie. Le seul défaut de cette première partie est scientifique : il faudra m’expliquer comment la photosynthèse peut avoir lieu à l’intérieur d’un frigo fermé et débranché (car il me semble que c’est là qu’est découverte la petite plante, non ?)

 

La seconde partie du film, sur le vaisseau spatial où se regroupent les humains est plus habituelle : on y retrouve les gentils contre les méchants, avec des êtres humains amorphes qui prennent fait et cause pour les gentils. Seuls les robots en réparation amènent un peu de piment dans cette seconde partie.

 

Le message du film est clair : si on ne fait rien pour sauver la planète, l’homme sera obligé de partir dans d’autres galaxies. La société de Wall-E est contrôlée par une unique entreprise, BNL (pour Buy and large) qui dirige à la fois les comportements des consommateurs et les milieux politiques.

 

Un message qu’il est bon d’entendre, mais qui risque d’avoir peu d’effets sur les spectateurs. Car si on prend par exemple Le cauchemar de Darwin, qui dénonçait la pêche des perches du Nil, je ne pense que, depuis, on en voit beaucoup moins chez les poissonniers. Mais plus que la portée du message, Pixar et Disney utilisent ici un créneau qui marche et fait vendre, comme l‘a déjà montré le documentaire de Al Gore. Mais, me direz-vous, c’est le but de Disney que son film soit vu. Soit ! Mais quand je vois dans le générique qu’une dizaine de personnes se sont occupées des produits dérivés et dix autres des parcs à thème, il y a quelque chose qui me trouble. Car comment concilier gestion des déchets et envoi de consommateurs dans des parcs où tout sera fait pour qu’ils achètent ce dont ils n’ont pas besoin ?

 

Bien sûr, j’aurai pu ne pas aller voir ce film produit et distribué par un géant du monde libéral. C’est vrai, mais j’aurai raté un grand moment de cinéma. Maintenant, où situer la limite entre production artistique et caution d’une vision mercantile du monde ? Question vaste et bien souvent sans réponse très précise...

Les impressions de Choupynette.

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commentaires

Lucile 19/08/2008 16:41

Effectivement, on a souvent tendance à s'arrêter à l'aspect superficiel des choses, la première impression, mais en poussant le raisonnement jusqu'au bout (du moins, plus loin) on arrive souvent à de belles contradictions. Par exemple, les agro-carburants encensés de partout comme une énergie propre peuvent entraîner la hausse des cours mondiaux du prix des céréales, accélérer la déforestation et donc le réchauffement climatique, etc.). J'aime beaucoup que tu aies poussé la réflexion sur Wall-E... Voilou, juste pour dire que les choses sont rarement aussi simples qu'il n'y paraît... :)

Yohan 20/08/2008 19:38


Ici, la première impression est vraiment celle d'un très beau film, avec une première partie magnifique. Mais le sceau Disney amène forcèment à relativiser la message dispensé !