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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 08:32

Le commandant Lanester, policier spécialisé dans le profilage, tombe subitement aveugle alors qu’il enquête sur un tueur en série. Cette cécité soudaine n’a pas de cause mécanique : Lanester décide donc de se tourner vers une psychiatre, spécialiste de ce genre de cas. En parallèle, il tente de dénicher qui est ce tueur en série, qui continue à faire des victimes selon un rituel très particulier : il leur enlève les yeux avant de les tuer. Mais cette cécité complique l'investigation de Lanester, qui se retrouve dans un univers hostile, et ses collègues et ses supérieurs ne l’aident pas tous dans cette épreuve…

 

Voilà un premier roman policier extrêmement bien troussé : un héros déboussolé, un tueur en série aux pratiques assez barbares, et de nombreux personnages secondaires qui donnent tout son relief à cette œuvre : le chauffeur de taxi polonais, la psychologue, les collègues de bureau, le médecin légiste. S’y  ajoute une partie plus intime, avec un frère interné en hôpital psychiatrique qui de temps à autre fait le mur. En plus, l'action se passe à Montrouge, ville de banlieue parisienne où j'habitais il y a encore peu de temps ! 

 

J’ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture. Il y a une ambiance très particulière liée à l’aveuglement du personnage principal, ce qui donne une écriture qui s’attarde beaucoup sur les sons. Les scènes chez la psy sont des passages très réussis de ce roman. J’ai beaucoup apprécié aussi cette kyrielle de personnages qui gravitent autour de Lanester. On y ressent le travail en équipe, nécessaire pour mener à bien une investigation aussi difficile que celle-ci. Cet élément fait que j’ai plus apprécié ce livre que les Vargas qui mettent en scène Adamsberg, que je trouve froid et qui est à distance des lecteurs. J’ai eu beaucoup plus d’empathie pour le personnage de Lanester, mais sa cécité a peut-être joué pour lui ! 


C’est donc un très bon premier roman que je ne peux que conseiller. Je ne sais pas si Françoise Guérin a prévu d’en faire un personnage récurrent, mais vaudra la peine d’être lu si c’est le cas.


Merci à Bladelor pour le prêt de ce roman.

Ce livre a été beaucoup critiqué sur les blogs : Tamara (débordante de superlatifs), Karine (contente de n'avoir pas cherché trop vite la solution), Fashion (hésitante), Dominique (perplexe) et bien d'autres...

 

A la vue, à la mort, de Françoise Guérin

Ed. du Masque

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commentaires

Françoise 04/11/2008 19:16

@ Yohan : Merci pour votre lecture sensible. Et merci d'être passé sur MOT COMPTE DOUBLE pour m'indiquer votre billet. Je vous ai donc rajouté parmi la liste des blogueurs qui ont chroniqué "A la vue, à la mort". Je vais mettre aussi ceux de Fashion et Dominique, même s'ils sont moins favorables, de façon très différente l'un et l'autre.

@ Fashion : dommage mais il paraît qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, n'est-ce pas ? J'espère que vous aurez l'occasion de me lire de nouveau, peut-être à l'occasion de la sortie de mon prochain recueil de nouvelles.

@ Dominique : ouf ! Je me félicite de n'avoir pas écrit un roman "dramatique" sur ce sujet qui méritait mieux que de "faire où on l'attendait". Mais je conçois que vous soyez déçue dans cette attente, surtout si on vous a "vendu" ce roman comme un polar classique qu'il n'est pas vraiment. Votre comparaison avec Vargas me fait craindre que ce soit le cas.
Une précision : ce que vous énoncez comme "caricature" relève en fait d'une certaine approche de la psychopathologie qui ne se cantonne pas au signe et au visible mais peut interroger les mécanismes à l'oeuvre et la logique inconsciente sous-jacente. C'eût été commettre un contresens de faire perdre la vue progressivement au héros et surtout de le faire paniquer devant son symptôme. Car ce symptôme a une fonction dans l'économie psychique du personnage, c'est même central dans le roman. Il occupe une place précise, concrète et métaphorique. C'est bien parce qu'on a affaire à l'hystérie et non à un trouble quelconque que les choses sont décrites ainsi. Et l'hystérique n'est jamais là où on l'attend, c'est ce qui la rend fascinante aux yeux de Freud et des nombreux auteurs qui ont traité de la question.

Yohan 06/11/2008 07:57


Je vous en prie ! J'ai vraiment lu ce livre avec grand plaisir, et je suis content de voir que cebillet vous ait plu.


Caro[line] 27/08/2008 12:27

Voilà un roman que j'ai très envie de lire depuis un moment !

Yohan 28/08/2008 14:34


@ Anjelica et Caro : je ne peux que vous convier à vous faire votre propre avis sur ce très bon policier !


anjelica 26/08/2008 21:35

Je l'ai noté dans ma LAL , j'espère pouvoir le lire bientôt.

bladelor 24/08/2008 15:30

Heureuse que ce roman t'ait plu !

Yohan 24/08/2008 20:36


Merci à toi de me l'avoir envoyé. Je vais pouvoir te le retourner !


dominique 21/08/2008 10:20

Bonjour Yohan, vous avez cité plusieurs commentaires ( dont le mien et je vous en remercie) qui sont très différents les uns des autres. Cela apporte plus d'objectivité.
Moi, la cécité me fait penser à certaines œuvres de la littérature (comme Œdipe...) et j'attendais peut-être quelque chose de " dramatique" plutôt que "troussé" ou "ficelé". Car vous avez raison c'est bien ficelé comme on dit.
Les aveugles dans la littérature, c'est une thématique importante. Je pense aussi à la " Symphonie pastorale" de Gide( que je n'aime pas beaucoup d'ailleurs).
Faire un challenge sur " les aveugles dans les romans" ?
brr...

Yohan 21/08/2008 22:18


Ah non certainement pas un challenge sur les aveugles (meme si cela fait trois livres en un mois où on trouve un aveugle ! Ondirait que je le fais exprès).

Pour les liens vers les différentes réactions des lecteurs, je trouve cela naturel car c'est la richesse des blogs de découvrir des avis différents. Et meme si les impressions sont diverses, il y a
toujours des éléments avec lesquels je suis d'accord !