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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 07:06

Plongée dans un classique de la littérature policière, avec un bon Maigret de derrière les fagots. Et le charme désuet du personnage de Simenon n’est pas sans me plaire. 


Le commissaire Maigret, averti par un courrier anonyme, apprend qu’un crime sera commis dans la ville où il a grandi. Il décide donc, de manière officieuse, de se rendre dans le village qu’il a connu enfant pour tirer au clair le contenu de cette lettre. Il retrouve des habitudes qu’il avait perdues, des personnes qu’il avait oubliées, comme Marie l’aubergiste. Et il décide de se rendre à l’église pour assister à la première messe de la journée. C’est à ce moment-là que le crime est commis : on retrouve à la sortie de l’office le corps sans vie de la comtesse de Saint-Fiacre. Le comble, pour Maigret, est qu’il connaît très bien la comtesse et son entourage, car son père était l’ancien régisseur du domaine. Maigret se trouve donc plongé dans une enquête sur un crime sans arme, et dans une ambiance où il doit distinguer l’affectif du professionnel…

 

Ce qui est notable dans cet ouvrage, c’est l’ambiance que réussit à mettre en place Simenon : on sent l’humidité qui prend les personnages dès qu’ils passent le pas de la porte, le froid de la chambre de l’auberge où loge Maigret. Il y a une atmosphère très provinciale (l’action se situe dans l’Allier), où on sent l’humus et les chaussures crottées.

 

L’autre point positif de cet ouvrage est la confrontation entre Maigret et son passé. Il retrouve des souvenirs qu’il avait perdus, il évoque son père, les connaissances de son enfance. On le suit se débattre à essayer de trouver le coupable en oubliant ce qu’il sait a priori des protagonistes de l’affaire. Et il ne traite pas de la même manière ceux qu’il connaît, et les nouveaux arrivés au château, comme le nouveau régisseur ou le secrétaire et amant de la comtesse.


Enfin, l’intrigue est digne d’un bon Hercule Poirot. La scène finale évoque la fin des romans d’Agatha Christie, où Poirot rassemble tous les protagonistes pour démonter un à un les mensonges de chacun et finalement accuser le coupable. Sauf qu’ici, Maigret est en position d’un spectateur lambda, puisqu’il ne mène pas le jeu et la valse de accusations. Le lecteur est à la place du commissaire réputé infaillible, qui se laisser guider par le meneur (je ne dirai pas qui c’est, cela enlèverait une partie du suspense !). Cette scène finale dans une salle obscure du château est emplie de mystères, de tension que Simenon transcrit de manière très juste. C’est un aspect de l’écriture de Simenon difficile à imaginer, quand on a en tête la série télévisée avec Bruno Crémer, qui est très souvent placide et froid (mais qui donne, pour le seul épisode que j’ai vu, un plaisant divertissement).

Je remercie Emeraude, qui m'a envoyé ce roman dans le cadre du swap Noir c'est noir. Je pense que je me plongerai dans d'autres aventures du commissaire, de temps à autre !

 

L'affaire Saint-Fiacre, de Georges Simenon

Ed. Le Livre de Poche

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commentaires

Eeguab 12/09/2010 20:22



Mes excuses,j'ai fait une fausse manoeuvre,je voulais parler de Betty et Les fantômes du chapelier.



Yohan 16/09/2010 19:30



Bon, ce sont deux films de Chabrol que je n'ai aps vus... Honte sur moi. Pourtant, sur les Chaborl récents, j'en ai vus pas mal, mais ces deux là m'ont pour le moment échappés. Donc, Chabrol +
Simenon, un duo à découvrir !



Eeguab 12/09/2010 20:20



Simenon s'y connait en atmosphère.Je el lis régulièrement comme on débouche un bon vin.Chabrol par exemple ne 'sy est aps trompé(Betty,



dasola 30/08/2008 22:03

Bonsoir Yohan, je n'ai pratiquement jamais lu de Simenon (une grosse lacune de ma part) mais je connais l'affaire Saint-Fiacre grâce à l'adaptation avec Gabin (pas mal) et celle de la télévision avec B. Crémer (acteur que j'aime énormément). Je pense que si je lisais des Maigret, j'aurais Crémer en tête. Bonne soirée.

Yohan 03/09/2008 09:11


Nous avons tous nos lacunes (c'est mon premier Simenon, donc je ne suis pas plus avancé). Je n'ai pas vu de Maigret avec Gabin. J'en ai vu un avec Renoir (La nuit du Carrefour) et deux ou trois
avec Cremer. Cela fait peu, et c'est certainement pour cela que j'ai pu échapper à la vision de Cremer pendant ma lecture.