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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 08:04

rosie carpeRosie, maman du petit Titi, arrive à l'aéroport où elle espère retrouver son frère Lazare qu'elle n'a pas vu depuis quelque temps. Mais c'est Lagrand, un ami de Lazare qui les récupère avant de mener Rosie et Titi à travers la nuit et les pistes vers leur point de chute dans ces contrées qu’ils découvrent...

Voilà le début surprenant de ce roman qui s’ouvre sur une attente (celle de Lazare), et qui, malgré de nombreux rebondissements, tournera toujours autour de cette absence de Lazare. Après ce prologue où Rosie et le lecteur se sentent perdus, on revit les moments décisifs de la vie de Rosie. Tout d'abord le départ de chez ses parents à Brive, la ville où tout a une couleur jaune. Puis son travail dans un hôtel à Antony, en banlieue parisienne, où elle retrouve brièvement Lazare, mais où elle rencontre surtout l'homme qui sera le père biologique de Titi. Et enfin, le départ vers les Antilles, où elle retrouve sa famille qui a quitté Brive, et où elle essaie de s'implanter.

Au niveau de l'écriture, c'est un style très recherché qui est utilisé par Marie NDiaye : des phrases assez longues, pleines de subordonnées, de relatives, etc. Après 50 pages pour entrer dans cette écriture exigeante, j'ai vraiment apprécié ce roman au niveau stylistique.

Au niveau du sujet traité, tous les personnages présentés sont des perdants, des individus perdus dans des environnements hostiles (la jungle, un appartement au bord de la nationale,...). Il y aussi les relations compliquées entre Rosie et toutes les personnes qui l'entourent : ses parents, son fils, son frère. Les relation amoureuses des personnages sont également très surprenantes : proches de l'inceste, entre belle-famille et neveu. On sent que tous les personnages sont indécis, soit insouciants et inconscients, soit un peu imités psychologiquement. Et le fait qu'ils se retrouvent dans des milieux inhabituels pour eux n'arrange pas leur situation.

Tout cela pour dire que j’ai un sentiment mitigé de ce livre : autant j'ai trouvé l'écriture de Marie NDiaye très évocatrice, recherchée sans être absconse, autant les personnages me sont restés antipathiques. Il faut dire que ce ne doit pas être l'intention de l'auteur de les rendre aimables aux yeux du lecteur. Seul Lagrand, seul personnage raisonnable du roman, a réussi à attirer ma sympathie.

Ce n'est pas la première fois que je ressens ce sentiment envers un auteur. J'ai à peu près la même impression quand je lis des romans de Régis Jauffret (Univers, Univers ou Asile de fous) : il y a un je ne sais quoi qui m'attire au niveau de l'écriture, mais l'histoire ne me parle pas totalement.

Ce roman m'a néanmoins permis de découvrir une magnifique plume, dont je devrais très certainement découvrir d'autres oeuvres ! Rien que pour voir si la noirceur qui enveloppe ce roman est une constante de l'écriture de Marie NDiaye !

 

Rosie Carpe, de Marie NDiaye

Ed. de Minuit

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