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9 août 2008 6 09 /08 /août /2008 18:44

Seconde et dernière journée au Festival d’Avignon, qui s’annonce sous les meilleurs auspices, deux spectacles prévus aujourd’hui étant (presque) des valeurs sûres, et les deux autres s'avéreront de bonnes découvertes.

 

La première valeur sûre débute d’ailleurs la journée : nous nous retrouvons au collège La Salle, pour assister à une représentation du spectacle de Trinidad. Certains d’entre vous ont certainement déjà entendu parler de cette artiste, qui tient régulièrement une chronique sur France Inter dans Le Fou du roi, l’émission de Stéphane Bern. Pour ceux qui ne remettent pas sa voix, c’est la chroniqueuse qui a le débit de parole le plus rapide de l’émission, et qui agrémente sa chronique de chansons détournées. Et ces deux éléments (paroles rapides et chansons) sont en bonne place dans le spectacle qu’elle nous a présenté : La conversion de la cigogne (ou de l’avantage de naître avec le sens de l’humour dans un milieu hostile) (Un titre beau comme du Jules Verne ! ) Et le spectacle vaut vraiment le déplacement. En incarnant des rôles très divers pendant presque 90 minutes ( elle enfant, une infirmière, un conquistador, sa grand-mère espagnole,…), Trinidad nous emmène dans son univers, à la recherche du secret qui hante les nuits des membres de sa famille. C’est drôle, inventif, enlevé. Je pense que j’aurai longtemps en mémoire le moment où elle incarne le vieux chinois (dont les proverbes sont hilarants), et notamment le moment où elle démêle les nœuds qui se créent dans certains éléments du décor. Je crois que belle-maman en rigole encore !

 

Suite à ce premier très bon spectacle, pause repas (il faut bien se sustenter !) avant de retrouver Patrick Cottet-Moine, dans un spectacle sans parole mais également très drôle. Avec un physique assez atypique (il est grand et longiligne, et a un cou d’une dimension assez prodigieuse), il donne vie sur scène à plusieurs sketches, dans lesquels son corps exprime autant voire plus que la parole. Il nous emmène ainsi au bord d’une rivière pour une partie de pêche, joue Zorro qui se prend les pieds dans sa cape ou un policier à moto. C’est une prestation physique très impressionnante pour un acteur seul en scène qui quasiment sans accessoires parvient à créer et à rendre réelles des situations (Il a notamment une manière d'imiter un poisson très réussie) C’est d’ailleurs une partie du plaisir de deviner où il nous embarque à chaque fois !

 

Changement de registre une nouvelle fois, avec un spectacle de Commedia dell’arte. Spectacle qui utilise un texte contemporain mis en scène par Gilbert Bourebia : L'incroyable histoire de Tang Tsé Kiang. Dans cette pièce, l’intrigue met aux prises deux familles, les Saint-Gervais et les Ben Ifri, qui se battent pour la possession d’une source. Schéma classique, avec relations compliquées entre les familles, avec des enfants qui s’aiment alors qu’ils ne le peuvent pas, des serviteurs qui font de même, et des hommes de main très loufoques. Si le spectacle met un peu de temps à se mettre en place (l’exposition de l’intrigue dure un peu), la deuxième partie du spectacle est réjouissante, avec une explosion de chanson, de danse et chorégraphie. Bref, cela va dans tous les sens, pour notre plus grand plaisir. A noter le fait que cette représentation avait lieu en plein air (chose rarissime à Avignon) et que la troupe était très cosmopolite. Félicitations d’ailleurs aux acteurs, et notamment à la comtesse Saint-Gervais qui campe une maîtresse de maison digne des contes de Perrault. C’est la première fois que je voyais ce type de représentation, et je pense que je réessaierai ! Malheureusement pour la troupe, le public était assez clairsemé. Dommage pour eux, et j’espère que cela s’est arrangé par la suite !

 

Dernier spectacle, et mon coup de cœur de ce festival : Nature morte dans un fossé, de Fausto Paravidino, joué par le collectif Drao. Je connaissais la troupe pour avoir vu leur première création, Derniers remords avant l’oubli de Jean-Luc Lagarce (qui donne son nom au collectif), et j’avais raté ce spectacle lors de son passage au Théâtre 71 de Malakoff. Et chance, une séance de rattrapage était possible puisque le collectif  jouait à Avignon. La pièce est en soi originale, puisque le texte de Paravidino est un polar théatral, chose assez rare pour etre signalée. Dans l’Italie d’aujourd’hui, une jeune fille est retrouvée morte dans un fossé, rouée de coups. L’inspecteur Saleti mène l’enquête dans un milieu de dealers et de prostitués, avec une mère effondrée. Cette pièce est digne des tous meilleurs polars écrits ou filmés, car les acteurs mettent dans leur jeu une puissance physique tout à fait remarquable. Pour avoir été assis au premier rang, je peux vous dire qu’on la ressent de manière très proche ! J’ai été complètement happé par cette représentation, riche en terme de texte, de thèmes (on y parle un peu de politique) et surtout d’idées de mise en scène. Car les acteurs, en plus de jouer, ont eux-mêmes mis en scène ce spectacle qui est truffé d’idées de représentation tout à fait extraordinaires, comme ce dealer dont la personnalité est dédoublée pour pouvoir rapporter ce qu’il ressent. J’ai vraiment rarement été aussi touché physiquement par une pièce de théâtre. Si vous avez l’occasion de voir ce spectacle près de chez vous, et que vous appréciez les polars, c’est vraiment un spectacle à voir, car il donne une représentation originale du genre.

 

Voilà donc la fin de mes aventures avignonnaises, avec vraiment deux spectacles magnifiques (Résister c’est exister et Nature morte dans un fossé), et six autres spectacles très divers, qui m‘ont tous plu, chacun dans leur domaine. Voilà donc un festival rondement mené, avec de très bons moments, même s’il faut se méfier de certains restaurateurs qui profitent de la manne financière que représente le festival pour pratiquer des prix parisiens, pour parfois pas grand chose ! Mais c’est malheureusement le lot de toutes les grandes manifestations, culturelles ou autres !!!

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commentaires

dominique 10/08/2008 21:43

Eh bien c'est très varié ce que l'on peut voir à Avignon! Vraiment des spectacles, il y en a pour tous les goûts!
J'aimerais bien m'y rendre aussi ne serait-ce qu'une fois.
Je me serais régalée ! merci pour ce compte-rendu exhaustif.

Yohan 12/08/2008 09:40


Oui, il y en a vraiment pour tous les goûts. Il faut dire qu'avec presque 1000 spectacles, il y a de quoi remplir ses journées !