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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 08:37

Comme annoncé lors de mon retour de vacances, voici deux billets qui seront consacrés à mon passage au festival d'Avignon. Première en ce qui me concerne pour Avignon. Je suis passé au festival d'Aurillac l'an dernier, consacré au théâtre de rue (fin août) : si on peut y trouver quelques similitudes, les ambiances et les publics y sont sensiblement différents. Disons que c'est un peu plus guindé à Avignon. et le fait que tous les spectacles (ou presque) aient lieu dans des salles fermées ne permet pas comme à Aurillac d'investir le moindre lieu pour se produire. Enfin, le budget à consacrer aux deux festivals n'est pas vraiment le même : alors qu'à Aurillac, les spectacles (hormis ceux du in, ceux de la programmation officielle) sont a priori gratuits (chacun donne ce qu'il souhaite à la fin), il faut compter environ dix euros par spectacle à Avignon. Autant dire qu'il vaut mieux ne pas se tromper.

Mais venons-y à ce séjour dans la Cité des Papes. D'abord, cela commence par la recherche des points de vente des pass festival, qui permettent d'obtenir pour tous les spectacles le tarif réduit (- 30 %). Puis, pour faire le programme de la journée, entre le programme de tous les spectacles et les tracts distribués par les artistes, il faut bien une demi-heure pour s'organiser. Et ensuite, c'est parti pour 4 spectacles pour cette première journée.

Premier spectacle, et nous avons failli ne pas pouvoir entrer : la salle était grande, mais le spectacle avait bénéficié d'un bon bouche à oreille (et il le mérite). Premier spectacle donc, Résister c'est exister. Un seul acteur sur scène, qui jouera en 80 minutes une vingtaine de personnages différents. Le point commun de ces personnages : avoir fait preuve d'une manière ou d'une autre, de résistance pendant les années 1940 à  1944. Cela va du sabotage de ligne de communication à la simple insulte d'officiers allemands. L'acteur de ce spectacle, François Bourcier, est formidable : il saute de personnage en personnage, de la femme de ménage d'une caserne allemande à un pilote français, avec un dynamisme époustouflant. De plus, la mise en scène signée Isabelle Starkier est exceptionnelle. Rien que la scène d'ouverture est magnifique et déroutante : l'acteur se trouve dans un halo de lumière, avec autour le lui des vêtements qui pendent. Dans la pénombre, impossible de dire ce que cela représente, mais le doute crée chez le spectateur un sentiment d'incompréhension qui met immédiatement dans l'ambiance du spectacle. Et, dernière idée louable, c'est de relier par le dernier personnage interprété le spectacle à la situation actuelle, notamment celle que peuvent vivre les sans-papiers aujourd'hui. Un spectacle poignant, qui prend aux tripes, et qui laissait augurer un festival riche !

Après une pause repas, spectacle plus léger avec la Compagnie choc trio, qui propose un spectacle burlesque et musical sans parole, mais avec onomatopées, l'Odition. Un musicien vient passer une audition, mais il est gêné dans sa prestation par un ouvrier qui fait des travaux dans le studio. Le spectacle est truffé de gags visuels et de musique, et tous les éléments du décor servent à l'intrigue. Même la lampe rouge, qui sert à indiquer au musicien le début ou la fin de sa prestation, va être utilisée dans le spectacle. Spectacle musical, puisque le saxophone et les percussions résonnent à plusieurs moments dans cette représentation. Un joli spectacle, servi par deux acteurs touche à tout, et qui permet de rire pendant un petit moment.

Puis changement de registre immédiat avec un spectacle qui parle du même thème (les auditions), mais avec un traitement très différent. La compagnie Italique propose le spectacle La chance de ma vie - l'audition. Ici on croise six actrices qui viennent passer une audition devant un metteur en scène. Ce dernier est assis au milieu du public, on se retrouve donc au même niveau que lui. Défilent ensuite six femmes, très différentes, qui présentent les raisons de leur présence sur scène. Si certains passages sont très poignants (notamment celui avec Angèle), le spectacle est relativement inégal. Il y a notamment la présence du beau-père du metteur en scène qui est assez surprenante, et l'ultime prestation de l'actrice chevronnée m'a laissé perplexe. Malgré ces quelques défauts, certains passages valent vraiment le coup d'oeil.

Enfin, dernier spectacle de la journée avec un genre encore différent, le one-man show. Présents à Avignon avec mes beaux-parents (plus habitués à Avignon que moi), ils voulaient voir Manuel Pratt, qui proposait un best of de ses précédents spectacles. Je ne connaissais pas du tout cet artiste, qui ne passe jamais en radio ni à la télé. On m'avait prévenu que c'était assez cynique, mais la partie du best of était plutôt crue, car orientée sur les relations amoureuses et les liens homme-femme (assez loin de l'image de contestataire social qu'on avait pu me décrire). Un spectacle donc où Manuel Pratt n'hésite pas à être grossier, à utiliser des mots ou des images qui choquent. C'est personnellement quelque chose que je trouve assez sain, étant donné la pudibonderie hypocrite de notre société, qui est d'une vulgarité sans nom, mais qu'il faut cacher à tout prix. Regardez par exemple les kiosques à journaux, et les publicités pour les revues classées X ! On peut montrer, mais il ne faut pas en parler. Voilà donc une parole qui bat en brèche cette hypocrisie. Bien entendu, certaines images sont exagérées, mais c'est le propre de tout caricaturiste de choquer son auditoire. Même si mes beaux-parents n'y ont pas forcément trouvé ce qu'ils cherchaient, j'ai trouvé ce moment assez jouissif. Mais c'est à mettre entre des oreilles averties !

Sur ce, fin de cette première journée à Avignon, avec le programme du lendemain déjà prévu : Trinidad, Patrick Cottet-Moine, un peu de Comedia dell'arte et une pièce policière. Une très belle journée à venir ! 

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