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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 07:40

Une vraie claque ! Cela faisait un petit moment que je n'avais pas pris une claque pareille au cinéma ! Disons trois à quatre mois et There will be blood, ce qui est déjà beaucoup.

Ce documentaire israélien est une vraie merveille, à la fois sur le fond et la forme.

Commençons par la forme, car c'est l'élément qui frappe en premier : ce documentaire est un dessin animé ! Oui, les interviews que le réalisateur mène sont dessinées par la suite. Et ce dessin permet surtout de décrire les horreurs de la guerre du Liban, qui auraient pu être difficilement soutenables en images de cinéma classique. La forme originale du dessin animé permet à Folman d'apporter un brin d'onirisme dans ce film dur et introspectif. Au passage, la scène d'ouverture du film est un moment effrayant et captivant qui est à voir !

Sur le fond, ce film est un grand documentaire : il traite à la fois de l'Histoire et de l'intime, sans être voyeur, ce qui est en soi un mérite. Et dans ce cas, le risque est que, souvent, au mieux une des deux dimensions seulement parle au spectateur. Or dans ce film, j'ai été happé par les deux dimensions.

Historiquement, l'auteur retrace les débuts de la guerre du Liban, et le massacre de Sabra et Chatila, camps de réfugiés palestiniens, perpétré par des phalangistes chrétiens, sous les yeux de l'armée israélienne. On plonge donc dans une dimension historique proche (début des années 80), mais qui a malheureusement toujours des résonances.

Intimement, on plonge dans les réflexions du réalisateur, Ari Folman, sur le rôle qu'il a pu joué lors de cette guerre. Simple soldat, il ne se souvient d'aucune des missions militaires qui lui ont été confiées. Et ce n'est que par le truchement d'un ami qui lui expose les séquelles qu'a eu la guerre pour lui (un cauchemar qui revient toutes les nuits) que Folman se pose la question de son action, et de ce qu’il lui reste de cette période. Il rencontre donc différents protagonistes, qui lui expliquent où ils étaient, et ce qu'ils faisaient. Folman apprend par exemple qu’il a participé à l'assassinat d'un enfant armé dans un verger, et ce n'est qu'en en parlant avec d'anciens camarades que ce souvenir lui revient.

Plus qu'un simple documentaire sur une sombre période du Proche-Orient, ce film est également une réflexion sur notre rapport  à la mémoire et à la sélectivité de celle-ci.


Une grande réussite que ce documentaire, et un film à voir absolument pour réaliser ce que notre mémoire peut nous jouer comme vilains tours. Inconsciemment sert-elle peut-être de rempart contre un passé qu'on veut oublier, mais les cauchemars montrent bien que tout cela ne demande qu'à être déterré.  

Edit du 04/07 : Je vous signale le très bel article de GT, qui s'est pour une fois penché sur le cinéma, et qui l'a fort bien fait !

 

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commentaires

Emeraude 08/07/2008 21:16

est ce que tu as vu "la troisième partie du monde" ? Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est le genre de film qui met une claque, mais c'est un film beau et original...

Yohan 01/08/2008 19:53


@ Thom : j'espère que tu as pu combler ce manque !!!

@ Emeraude : Non, je n'ai pas vu le film dont tu parles. Je dois t'avouer que je n'en ai meme pas entendu parler ! Honte à moi !  


Thom 07/07/2008 14:44

Et moi qui ne l'ai toujours pas vu... :-/

sarah 04/07/2008 22:41

je l ai vu la semaine dernière et comme toi j'ai trouvé ça percutant, beau, humain, esthétique, magnifique...

Yohan 05/07/2008 01:14


En effet, il y a peu de choses à ajouter...


Lucile 02/07/2008 13:23

J'ai entendu beaucoup d'excellentes critiques de ce film, et ton (très bon) billet me donne bien envie de le voir même si je vais rarement au cinéma! Je vais entamer une "FAV" (Films à voir", ça existe? ;-) ) et le noter dessus!! :)

Yohan 05/07/2008 01:13


Je ne suis pas très liste, donc je ne vais pas prendre l'initiative de la FAV, mais si tu la crées, tu peux y mettre Valse avec Bachir en tete !