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Dimanche 18 mai 2008

Pascal Quignard, connu notamment pour Tous les matins du monde adapté au cinéma par Alain Corneau, signe ici un petit livre autour d'un problème que tout le monde connaît : le phénomène du nom sur le bout de la langue. Qu'est-ce que c'est embêtant de ne pas se souvenir d'un nom dont on s'en sent qu'on se souvient, mais qui parvient pas à être formuler. Cette sensation désagréable sert donc de trame à ce livre.

Ce livre est composé de trois parties : la partie centrale est un conte qui met en scène Colbrune, une jeune femme amoureuse d'un tailleur. Elle pourra épouser le tailleur à la seule condition de reproduire sa ceinture, une borderie d'une grande richesse. Elle désespère d'y parvenir jusqu'à ce qu'un cavalier se repose chez elle et lui offre une ceinture similaire. Mais ce don a une contrepartie : elle doit se souvenir de son nom lorsqu'il reviendra...

Ce très joli conte, qui pourrait être raconté aux enfants,et qui fait parfois pensé à Alice au pays des merveilles, est encadré par deux autres textes. Le premier présente les raisons de l'écriture de ce texte, le troisième est une réflexion sur l'oubli et la mémoire. Autant le conte est très bien écrit et agréable, autant les réflexions de Quignard sur le conte sont beaucoup plus indigestes. Ce n'est pas qu'il y dit des choses inintéressantes, c'est qu'il les dit d'une manière tellement alambiquée qu'il est difficile de le suivre.

Lors de la lecture de la troisième partie, j'ai failli lâcher le livre plusieurs fois, mais le faible nombre de pages m'a incité à poursuivre. Sa réflexion est intéressante :il y défend l'idée que le fait de ne pas se souvenir d'un nom montre bien que le langage n'est pas inné et qu'il est une construction. Il présente aussi l'angoisse qui nous saisit lors de l'oubli comme une peur de la mort, une crainte de ce qui se passera quand tout sera oublié. Mais que cela est dit de manière complexe ! Et c'est tellement complexe que j'ai du passer à coté d'un nombre innombrable de subtilités dans sa réflexion.

Néanmoins, le conte central est tellement bien écrit que je vous en conseille la lecture, même vous ne lisez pas le reste !


Voir également l'avis de Laurence.

par Yohan publié dans : Livres
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Commentaires

mmm... tu as eu plus de courage que moi. J'étais restée complètement hermétique à la troisième partie... :-/

(ps : ton flux rss ne fonctionne plus; tu sais pourquoi?)
commentaire n° : 1 posté par : Laurence (site web) le: 19/05/2008 08:01:14
Si vous êtes rétif au Quignard essayiste,tentez le Quignard romancier : Les Escaliers de Chambord, Terrasse à Rome... Quant au sentiment "d'alambiqué", il est naturel avec un écrivain si préoccupé par la langue, la grammaire et l'étymologie des mots : rien n'est univoque, tout est polysémique !
commentaire n° : 2 posté par : Insula dulcamara (site web) le: 14/06/2008 11:04:17
J'ai déjà lu Tous les matins du monde, que j'avais apprécié sans plus.
Pour ce qui est de l'alambiqué, je ne trouve pas cela naturel : je veux bien qu'on soit préoccupé par la langue et que la polysémie est importante, mais ce trop-plein de polysémie m'a perdu. 
Mais je note les titres que tu mentionnes.
réponse de : Yohan (site web) le: 25/06/2008 09:46:23
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