Encore un film vu par défaut ! Comme pour les Chroniques de Spiderwick, je n'ai pas pu voir le film prévu initialement, A bord du Darjeeling Limited. Mais finalement, je ne regrette pas une
seconde ce choix contraint !
Stefano, rockeur en pleine écriture d'un disque, a besoin de faire une pause : le chanteur de son groupe s'est cassé le bras, et sa copine le trompe avec le guitariste d'un groupe rival. Retour
dans la maison familiale, qui entraîne la révélation de secrets longtemps tus. Son frère lui annonce que l'entreprise familiale de mise en bocaux de cerises est au bord de la faillite, sa soeur
qu'elle a quitté la fac pour soigner des dauphins, et sa mère qu’elle prend des cours pour être heureuse...
Stefano, reçu comme le fils prodigue, sert de catalyseur à toutes les rancunes familiales, au dévoilement des vérités, puisque chacun a quelque chose à cacher. Mais cette situation lui pèse :
lui qui essaie d'être l'oncle marrant, qui fait sourire les enfants, cache aussi des blessures profondes. Il a aussi l'impression d'être dans un monde qui n'est pas le sien : combien de fois
brise-t-il le silence sur un sujet, en se posant comme « celui qui sait » (parfois à tort, ce qui donne lieu à un savoureux quiproquo) ? Et combien de fois est-il stigmatisé comme un
fainéant, renvoyé à son image d'artiste bohème face à ceux qui font du concret ?
Ce film italien est réjouissant : il est drôle, notamment grâce à l'acteur principal (Valerio Mastandrea) qui occupe l'écran à lui seul, avec son personnage désabusé. Certaines scènes
sont d'un comique terrible (celle où il saute du balcon, celle sur le parking,...). Mais cet humour se mêle aussi à la description de relations familiales extrêmement complexes : chacun cherche à
ménager le père, la soeur, les enfants,… ce qui a pour effet de créer plus de problèmes que le contraire. Et le personnage du copain dépressif ajoute une touche d'ironie à ce film où tout parait
léger, mais où se cache des vérités plus que troublantes.
Ce n’est pas dans mes habitudes, mais
j’ai un petit coup de colère à faire passer suite à la critique parue dans Télérama : la critique est plutôt bonne, rien à dire là-dessus. Mais elle se termine par une phrase qui présente un
bémol (la satire sociale aurait pu être plus féroce, ce dont je conviens) et surtout par ces mots : « permis d’éviter quelques séquences cuculs ». Alors, je veux bien que les
critiques critiquent, et je sais qu’ils ont un nombre limité de mots pour le faire, mais balancer une telle phrase à la fin d’un article, avec aussi peu d’argumentation, est un manque de respect
pour ceux qui ont travaillé sur le film. D’autant que ces quelques mots piquants n’apportent rien à la critique !
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