Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 10:24

Guédiguian revient, avec sa bande habituelle, pour un film de genre assez inattendu : Lady Jane.

A Aix, Muriel tient une boutique de luxe, nommée Lady Jane. Son fils est enlevé, et la rançon demandée est énorme. Elle décide donc de retrouver François et René, qu'elle n'a pas revu depuis leur dernier braquage, celui d'un bijoutier.

Robert Guédiguian revient donc en Provence, entre Aix et Marseille, après un passage à L'Élysée (Le promeneur du Champ de Mars) et en Arménie (Voyage en Arménie, film magnifique). Il signe aussi un film de genre, un film noir entre polar et thriller. Ce n'est pas réellement un polar, car il n'y a pas le traditionnel inspecteur qui mène l'enquête. Mais le film tourne tout de même autour de la recherche du fils et de son ravisseur, recherche orchestrée par Muriel avec l'aide de ses deux complices.

Le thème est surprenant venant de Guédiguian, mais j'ai trouvé que le tout était très bien foutu. je ne suis pas ennuyé une seconde, les quelques flash backs qui agrémentent le récit font planer un mystère qui ne se résout qu'à la toute fin du film. On le
guette s indices en même temps que les protagonistes, on se demande si l'homme du train est bien celui recherché ou non. Ajoutez à cela une scène d'ouverture assez énigmatique, on est plongé en plein mystère tout du long. Bref, j'ai trouvé que Guédiguian menait très bien tout cela.

Et les acteurs sont toujours très justes. Ariane Ascaride est troublante en mère éplorée mais emplie d'un sentiment de vengeance terrible. Jean-Pierre Darroussin, l'amant éconduit, est touchant, mais son animalité reprend le dessus à des moments clés du film. Et un grand bravo à Gérard Meylan, le moins médiatisé des trois, qui signe une composition magistrale, toute en froideur et en retenue, et crée un personnage extrêmement inquiétant. Et ce qui est intéressant, c'est de penser aux films précédents de Guédiguian, avec les mêmes acteurs dans des rôles très différents.

Bon il y a tout de même un petit bémol, lu dans beaucoup de critiques, mais qui pour moi ne gâche pas le reste du film. Ce petit bémol, c'est l'aspect quelque peu démonstratif du film. L'affiche annonce la couleur : "La vengeance appelle la vengeance". Et à trois reprises, cette phrase est illustrée de manière très nette, peut-être trop. Alors oui, on comprend que le but de Guédiguian est de montrer que la vengeance doit s'arrêter à un moment pour ne pas sombrer dans un cercle vicieux. Mais je préfère néanmoins un film qui expose trop nettement sa thèse à un film alambiqué où, au final, on ne retire pas grand chose faute d'indices précis.

Je conseille donc d'aller voir ce très beau film, puissant et troublant, qui marque une nouvelle étape dans la collaboration entre Guédiguian et sa bande d'acteurs.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Thomas Grascoeur 19/04/2008 11:12

Un très beau film (au service d'une thèse), très fort et bien réalisé

Yohan 20/04/2008 14:47


@ dasola : Comme toi, les dernières sorties ne me disent pas grand chose ! Lady Jane doit être un des rares bons films du moment.
Je n'ai pas vu Marius et Jeannette, ayant découvert mon goût pour le cinéma trop tardivement ! 

@ Choupynette : Le film dont tu parles, ce doit etre Marie-Jo et ses deux amours, que je n'ai pas vu non plus. Pour ce qui est de la nuance, le film sert une thèse, et c'est le style Guédiguian
d'appuyer son propos.

@ Thomas Grascoeur : Oui, le film sert une thèse, et je suis d'accord avec les adjectifs que tu utilises.


Choupynette 18/04/2008 23:07

j'avais beaucoup aimé ce film où elle joue une femme aimant deux hommes. J'ai trouvé son jeu délicat, nuancé, tout en étant évocateur.
Pour un film j'apprécie un peu de nuance dans le message.

dasola 18/04/2008 21:16

Je pense aller le voir ce week-end. J'ai tellement peu aimé le seul et unique que j'ai vu de Guédiguian, Marius et Jeannette (et oui) que j'hésite. Mais vu le peu de sorties de film qui me tente depuis deux semaines, que je vais me décider.