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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 07:23

Voici un livre qui m'a laissé perplexe. Perplexe car j’ai trouvé des éléments intéressants, mais le sujet est foncièrement dérangeant. La lecture est d'ailleurs recommandée à "un public averti". Petite explication.

En Allemagne, à la sortie de la Grande Guerre, Hans, un jeune de 17 ans, vit des aventures sexuelles variées avec d'autres hommes. Il va de gare en gare, pour découvrir de nouveaux partenaires. Mais il s'arrête à Hanovre, où il rencontre Frédéric. Frédéric est un homme d'une quarantaine d'années, qui lui aussi a l'habitude des relations homosexuelles pour un soir. Mais la liaison avec Hans va se prolonger, et Frédéric va entraîner Hans dans son horreur. En effet, ceux qui passent une nuit avec Frédéric y passe souvent leur dernière nuit.

Ce résumé rapide pourrait être celui d'un roman policier ou d'un thriller, avec des personnes qui disparaissent après avoir rencontré Frédéric. Mais le souci est que Frédéric utilise ses victimes pour faire du trafic de vêtements et de viande. Et c’est là que le sujet devient original et troublant.

Le sujet est donc sensible. Et l'auteur, Vincent Peyrel, n'épargne pas son lecteur. Pendant le première partie du roman, on assiste aux ébats maladifs de Hans, qui sont décrits de manière très précise, avec un vocabulaire très cru. Puis le mystère naît lors de la rencontre avec Frédéric, qui demande à Hans de ne jamais rentrer l'après-midi dans leur appartement. Et on découvre peu à peu l'horreur de cette situation. Et l'auteur ne nous épargne une nouvelle fois aucun détail, que ce soit sur les meurtres ou le dépeçage des victimes.

C'est un livre troublant, dérangeant, que j'ai trouvé bien écrit. J'ai notamment été accroché par les passages où Hans découvre petit à petit les activités criminelles de son compagnon. Mais même si je ne pense pas être facilement impressionnable, certains passages m'ont fait froid dans le dos. La ponctuation, très présente, avec de nombreux points, montre que l'auteur n'a pas voulu en faire une narration classique. et l'alternance avec des passages "théâtralisés" est assez intéressante.

C'est au final un premier roman très travaillé, qui plonge et nous plonge dans l'horreur d'une situation désespérée, et ne m'a pas laissé indifférent. Mais tout y est si sombre, si pessimiste, que j'ai bien du mal à dire que j'ai aimé ce livre. Un sentiment ambigu donc. Le roman a été publié par une petite maison d'édition,
L'Amourier.

Laurence en parle également, puisque nous avons le livre dans le même cadre, Masse Critique organisé par Babelio.

 

Si j'avais une âme, de Vincent Peyrel

Ed. L'amourier

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commentaires

Laurence 16/04/2008 09:10

je vois qu'au final nos impressions sont assez similaires. :)

Emeraude 16/04/2008 08:48

j'avais du lire la critique de Laurence parce que j'ai le sentiment d'avoir déjà entendu parler de cette histoire ! Ceci dit, je note, justement parce que c'est si sombre et pessimiste