Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 11:04

fabrique.jpgUne femme, peu avant la quarantaine, cherche un compagnon. Afin que ses recherches soient les plus fructueuses possible, elle décide d'utiliser le speed dating : sept hommes, sept femmes, sept minutes pour se rencontrer et toute la vie pour se retrouver, comme l'annonce l'animatrice. Cette expérience est une réussite : elle rencontre un homme, avec qui elle pense pouvoir construire une vie commune. Malheureusement, elle n'arrive pas à sortir de ses différentes pressions (professionnelles, familiales, amicales), et son histoire vacille. D'autant plus que son corps devient capricieux.

C'est le deuxième film de Jean-Marc Moutout, après Violences de séchanges en milieu tempéré, qui m'avait séduit. Il a donc décidé de poursuivre son exploration du monde contemporain en faisant le portrait d'une jeune femme. Elle est seule, veut avoir un enfant et trouver un futur père pour celui-ci. Malheureusement, malgré quelques moments intéressants, je n'ai pas trop accroché à cette description du monde moderne.

Pour les aspects positifs, les acteurs sont très intéressants. Elsa Zylberstein tient un grand rôle, qu'elle exploite bien et Jacques Bonnaffé est délicieux en cynique, très lucide sur son temps et en même temps pris au piège de celui-ci. La scène où il expose tout le mal qu'il pense du speed dating, et de la société en général, alors qu'il y participe est remarquable. Les scènes concernant les symptômes de la maladie d'Elsa Zylberstein sont également très bien rendus, et notamment les séquences où elle s'interroge sur les éventuelles conséquences. La séquence avec sa grand-mère est également touchante.

Ah oui, le titre du film est très bien trouvé aussi ! Il permet de comprendre rapidement ce qu'a voulu décrire le réalisateur : sentiments fabriqués par la société, par des rencontres organisées, par des pressions amicales,...

Mais il m'a manqué quelque chose, un je ne sais quoi qui m'aurait le film plus intelligible. Sa relation avec Bruno Putzulu, l'homme du speed dating, prend fin de manière assez étrange : rêve ou réalité ? La partie rêvée, lors de son IRM, est également assez confuse : elle y revoit bien entendu plusieurs phases de sa vie, mais cela manque de liant. Et la scène finale, très pessimiste, me paraît une pirouette trop simple pour clore le film.

Au final, le sentiment que le film aurait pu donner quelque chose de très intéressant, mais j'ai ressenti une forme de frustration : j'adhère en grande partie à ce que veut exposer Jean-Marc Moutout, mais je n'ai pas été conquis par la forme, contrairement à Violences des échanges en milieu tempéré.

Je me rends compte que cela fait plusieurs films français que je vois et qui me déçoive en partie, après des premières expériences plutôt heureuse :
Actrices, de Valeria Bruni-Tedeschi, Faut que ça danse !, de Noémie Lvovsky et maintenant celui-ci. Même impression pour La question humaine de Nicolas Klotz, vu récemment.


Un début d'allergie au cinéma français ? Non, quand même pas. En tous cas, j'espère que les prochaines tentatives seront plus abouties, même si les précédentes n'ont pas non plus été des échecs complets. 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

anjelica 26/02/2008 09:15

C'est aussi souvent l'impression que j'ai avec le cinéma français, ils leur manquent un petit quelque chose pour en faire un grand film et ce 'truc' de souvent faire un fin ouverte m'agace au plus haut point. Pourtant le cinéma français a un fort potentiel c'est dommage !

Yohan 26/02/2008 18:01

Ce n'est pas tant les fins ouvertes (que j'apprécie plutôt) qu'une forme de suggestion permanente, qui rend les films assez ardus, alors qu'une certaine simplicité serait parfois bienvenue.

Emeraude 16/02/2008 08:51

la bande annonce ne me tentait pas du tout. Rien que là j'y trouvais une certaine froideur... avec ce que tu dis là, je suis quasi sûre de ne pas y aller ! Par contre je n'ai pas vu "actrice" et ça c'est bien dommage, ça avait l'air vraiment bien.

Yohan 17/02/2008 19:55

C'est vrai que ce n'est pas un film chaleureux. Cela reste néanmoins un bon film, même si je l'ai trouvé moins intéressant que le précédent film du réalisateur, Violences des échanges en milieu tempéré.